Le 22 août 2025 a paru aux Impressions Nouvelles ce roman graphique historique, débuté il y a dix ans.
L’idée m’en était venue à la lecture du livre d’un universitaire grenoblois que je connais bien, Dominique Labbé. Il y était question des surprenantes relations entre deux monstres sacrés du théâtre français.
Je commençais à rassembler de la documentation, j’élaborais les grandes lignes du récit, divisé en deux tomes, et rédigeais le scénario du premier.
En 2018, j’avais constitué un solide dossier de présentation : les personnages principaux étaient dessinés, un premier chapitre réalisé —et même un projet de couverture pour soumettre ce projet au prix Raymond Leblanc, dans l’espoir d’obtenir sa publication au Lombard. Je n’ai pas gagné le prix, mais je suis tout de même allé rencontrer le jury à Bruxelles, consolation proposée à tous les candidats malheureux. Ce contact a été très stimulant, notamment avec le juré libraire — pour qui le projet verrait le jour sans aucun doute— et avec Fabien Vehlmann, le président du jury.

Cette rencontre était organisée pendant le salon de la BD de Bruxelles, et j’ai pu en profiter pour montrer mes planches sur divers stands. J’ai rencontré un premier éditeur, très enthousiaste sur le sujet et la mise en forme — mais qui n’a pas réussi à convaincre ses collègues. J’ai eu ensuite des échanges avec un second, surpris et intéressé, qui m’a suggéré de revoir un peu le dessin, pour l’orienter dans une direction un peu moins « jeunesse »; j’ai suivi ce bon conseil, mais ça n’a pas suffit à le convaincre.
Dunod, que je sollicitais ensuite, était justement en train de réfléchir à une BD sur Molière, dont le quadricentenaire approchait. Mais mon scénario ne leur convenait pas, et je refusais pour ma part de dénaturer le projet; nous nous quittions bons amis, avec la promesse de travailler ensemble sur un autre sujet. Et en effet, ce fut Alfred Nobel, proposé par mon amie Christine Oberlinkels. J’ai donc provisoirement mis de côté le projet Corneille-Molière, en déposant tout de même, sans trop y croire, un dossier au Centre National du Livre.
Nobel achevé, Dunod me proposait de rempiler sur « un chanteur mort il y a trente ans »; je signais pour le Léo Ferré de Pascal Boniface. Mais quelques jours plus tard, divine surprise : je bénéficiais de la bourse du CNL, avec une année pour réaliser ce « Contrat ». Je demandais un sursis, accordé par la bienveillante institution, dont l’appui a été pour moi encore plus moral que financier.
Ferré terminé, je me remettais donc d’arrache-pied à mon roman historique, avec la ferme intention de le mener à terme — mais sans éditeur pour le moment…
Dès le début de mon travail, j’avais sollicité Benoît Peeters. Il se trouve qu’en plus de son activité bien connue de scénariste de bande dessinées, il est aussi éditeur ; et que cet éditeur, dont la production éclectique va de l’essai à la BD, était celui du premier livre de Dominique Labbé sur Corneille et Molière. Pas besoin de lui expliquer le projet, donc. Mais Benoît me conseillait de trouver un éditeur plus important, à même de donner de la visibilité à mon livre. Il gardait tout de même la porte entrouverte, et je lui envoyais les chapitres au fur et à mesure de leur réalisation. J’avais ses encouragements, qui m’aidaient à garder la foi. Et au final, devant la frilosité des gros éditeurs, il s’engageait courageusement dans la publication de ce « Contrat ». J’en suis très heureux, il vaut mieux être défendu dans un petit catalogue exigeant que noyé dans un plus gros…
Oui mais bon, ça parle de quoi cette histoire ?
Mai 1658. Molière et sa troupe s’installent à Rouen, après avoir sillonné la France pendant de nombreuses années. Les temps sont difficiles. Ils ont perdu leur mécène, et cherchent de nouveaux appuis. Mais ils ont des atouts : les deux plus belles comédiennes de l’époque, Marquise du Parc et Catherine de Brie.
Pierre Corneille, l’illustre dramaturge rouennais, s’ennuie. Il n’écrit plus pour le théâtre, vexé par l’échec de sa dernière tragédie. Goûtant peu les mondanités, il s’occupe en traduisant du latin et en corrigeant ses anciennes pièces. Une seule chose lui fait souci : l’avenir de ses nombreux enfants.
Pour la troupe de Molière, jouer une nouvelle pièce du grand Corneille serait la garantie d’un retour triomphal sur la scène parisienne. Ils vont alors tenter de le remettre en selle, par tous les moyens.
Première version, 2018



Version publiée, 2025



Lukino le montpelliérain a écrit et mis en images l’un des plus atypiques et excellents albums de ce deuxième semestre 2025. Avec « Le contrat Corneille – Molière » édité aux Impressions nouvelles il promène ses lecteurs dans une plongée en apnée au sein de la France littéraire du XVIIe siècle.
Jean-Laurent Truc

« spécial petites annonces », mai 2018
Revue de presse
Sceneario
«Ce Contrat Corneille-Molière pétille comme une comédie du plus célèbre auteur de théâtre français ! »
Actua Bd
« Tel est l’enjeu de cette bande dessinée loin d’être barbante. Le dessin de Lukino est vif, les dialogues sont enlevés -souvent issus du théâtre. On y découvre tous les aspects de la vie et du statut des comédiens de ce temps.
Et surtout, le secret qui, peut-être, reste étrangement tapis depuis des siècles derrière le succès désormais éternel de Molière, « le plus grand auteur de comédies du XVIIe siècle »…
Voici un excellent roman graphique à découvrir dès la fin août à la rentrée.»
A Voir A Lire
« Lukino écrit et dessine cette histoire dans laquelle, comme l’explique son protagoniste, tout « n’a pas dû se passer exactement comme ce que vous allez lire ». Réalité et fiction se mélangent pour nous livrer une interprétation de cette rencontre entre le tragédien et le comédien et de ses conséquences historiques. »
Planète BD
« Et si Pierre Corneille, qui méprisait le genre de la comédie, avait été le nègre de Molière ? Une thèse intéressante et étayée, bien que fantaisiste, qui permet de s’immerger dans le monde des théâtreux du XVIIᵉ.»
Ligne Claire
« Comme le dit ce très cher Jean-Baptiste Poquelin en ouverture de Le Contrat Corneille-Molière tout ne s’est pas passé exactement comme ce que vous allez lire. En vérité il vous le dit jamais il n’a demandé au grand Corneille de lui écrire des pièces de théâtre. Tout le prouve, dont les travaux d’experts, et cela sera pourtant la base même de ce très réjouissant récit à la fois remarquablement documenté sur tout le petit monde qui gravite autour des deux monstres sacrés du théâtre français mais aussi fable enjouée divertissante à plus d’un titre. Lukino a signé un des ces OVNI qui donne un sens encore et toujours à la lecture d’une BD. »
Le Mag du Ciné
« Le théâtre naît souvent d’un malentendu. Entre les mots qu’on écrit et ceux qu’on dit, entre l’auteur et le comédien, entre le génie solitaire et la troupe affirmée. C’est dans cet interstice – à la fois fertile et orageux – que Lukino installe son roman graphique, Le Contrat Corneille-Molière (Les Impressions nouvelles), un récit vif, intelligent, parfois cruel, traitant d’une association improbable, constituée d’ambitions, de désirs et d’arrière-pensées. »
ICI 12/13 Languedoc-Roussillon – JT du 26 août
Midi Libre
« D’une plume référencée souvent ironique, « et un dessin en bichromie et réaliste », il immerge le lecteur dans le passé avec humour.»